Bienvenue au potager bio

Au fil des mois ce blog déroulera le calendrier des travaux et des récoltes du potager. Les productions sont écoulées au travers de l'AMAP de Petit-Moindou.

dimanche 4 décembre 2011

REPUBLIQUE POTAGERE.

Lundi 28 novembre 2011 l'assemblée nationale a voté une loi liberticide et rétrograde qui interdit (entre autres perles) aux agriculteurs français de produire eux-mêmes leurs semences de légumes. Les rédacteurs de cette loi sont si stupides et vaniteux qu'ils ont prévu qu'elle devrait s'appliquer à la Nouvelle-Calédonie et à Wallis-et-Futuna! Cette loi inique est non seulement en opposition avec la modernité d'une agriculture saine et naturelle économe en intrants extérieurs, mais également en profonde contradiction avec la culture océanienne. Gageons qu'elle ne s'appliquera jamais ici!

"Le gouffre vorace des ennemis de mon autonomie menace de toutes parts".
J.M.G. Le Clézio (L'extase matérielle).

Couleurs de novembre au potager.

Pour plus d’informations : http://www.semonslabiodiversite.com

samedi 3 décembre 2011

TOMATES.

2011 a permis de tester de nombreuses "variétés anciennes" de tomates, qui se distinguent par leurs formes, couleurs et saveurs.
Voici quelques photos de ces variétés (la plupart au festival Plein Champ de Bourail en septembre dernier).



Un grand merci à Julien Pascal, Daniel Vuillon, Laurent et Sabine Kojfer (Mairie de Bourail) et Jacques  Filizzola (La Maison Verte) pour nous avoir permis d'accéder à toutes ces merveilles potagères!

La palme du goût revient à la tomate "Ananas".

PROJET DE CREATION DE L'AMAP DE PETIT MOINDOU.

Suite à la visite en Calédonie de Denise et Daniel Vuillon, paysans varois créateurs en 2001 de la première AMAP (ils ont même inventé ce nom, qui signifie: association pour le maintien d'une agriculture paysanne), j'envisage de commercialiser toutes les productions du potager au travers d'une ou deux AMAP à partir de mars ou avril 2012.

Le compte-rendu de leur visite rédigé par Denise et Daniel permet de se faire une bonne idée sur le partenariat producteur-consommateur que représente une AMAP. Je l'ai publié sur Google-docs à l'adresse suivante:
Cliquer ici pour accéder au compte-rendu de Denise et Daniel Vuillon.

Vous verrez que leur analyse de l'agriculture calédonienne est tout à fait intéressante!

Denise Vuillon vient également de publier un livre: "Histoire de la première AMAP, soutenir les paysans pour se nourrir durablement" aux Editions l'Harmattan. Un bouquin riche de témoignages, d'idées et de conseils pratiques.

Je vous recommande également la vidéo suivante sur YouTube:

Daniel et Denise Vuillon en pleine séance de travail à Petit Moindou.

dimanche 18 septembre 2011

NO LOGO.


Après avoir décidé de me libérer du joug chimique,
Après avoir parcouru Queensland, Languedoc et Provence,
Après avoir visité, regardé, écouté les pionniers de l’agriculture bio,
Après avoir lu, étudié et résumé articles, manuels, guides, normes et traités, en français, anglais, espagnol et portugais,
Après avoir pensé, réfléchi, cogité et médité,
Après avoir trouvé la terre de mes rêves,
Après avoir planifié, métré et piqueté,
Après avoir défriché, bêché et ratissé,
Après avoir tondu, labouré, fraisé et billonné,
Après avoir semé, planté et arrosé,
Après avoir biné, sarclé et arraché,
Après avoir broyé, entassé et retourné,
Après avoir épandu, étalé et enfoui,
Après avoir butté, tuteuré, taillé et palissé,
Après avoir déterré, coupé et récolté,
Après avoir lavé, rangé et emballé,
Après avoir nourri, abreuvé et soigné,
Après avoir observé, découvert et photographié,
Après avoir noté, répertorié et enregistré,
Après avoir fait front à un cyclone et trois inondations,
Après avoir accueilli par deux fois inspecteurs, auditeurs et animateurs,
Après avoir répondu, montré, dévoilé, débattu et argumenté,
Après avoir rédigé, présenté, discuté et appliqué à la lettre plans de gestion et d’actions correctives,
Après avoir reccueilli l’approbation unanime du groupe local puis du comité territorial de certification de Biocalédonia,
Après avoir reçu un courrier m’annonçant enfin ma certification Biopasifika,
Après tout ce parcours riche de rencontres et d’enseignements…
Je n’ai toujours pas la possibilité d’afficher le logo « Biopasifika » sur mes beaux légumes bio,
Scribouillards cancres et autre régisseur de sovkhose ayant soudainement décidé qu’il convenait de définir, codifier et contrôler des règles,  procédures et formulaires d’utilisation de ce logo…

Un logo qui fait causer...

lundi 18 juillet 2011

JUILLET AU POTAGER.

De lourdes récoltes.

La coriandre en fleurs.

Le temps de la récolte des ignames.

Les grains de blé se remplissent.

jeudi 30 juin 2011

LABEL BIO.

L'exploitation a obtenu aujourd'hui le label "Bio Pasifika en conversion". A partir du 20 juillet prochain, tous les légumes semés et plantés auront le label "Bio Pasifika" tout court. Ce label garantit l'application de la Norme Océanienne d'Agriculture Biologique, un cahier des charges élaboré par la Communauté du Pacifique Sud (CPS) et reconnu par l'Union Européenne.
Cette attribution est l'aboutissement d'un travail d'inspection mené depuis 1 an par le groupe local Bourail-Moindou-La Foa de l'association Biocalédonia.

Consommatrices, productrice et animatrice en cours d'inspection.

mercredi 29 juin 2011

RECETTES BIO.

Le site de la Ferme des Olivades de la famille Vuillon (Var) contient des recettes de plats à base de légumes dont certaines peuvent s'appliquer aux produits calédoniens: patates, chouchoutes, choux de Chine. Ces derniers par exemple remplacent les bettes ou poirées des recettes provençales. Le lien est le suivant: www.olivades.com/recettes-du-jardin.aspx

jeudi 26 mai 2011

COMME UN LEGO.


 
C'est un grand terrain de nulle part
Avec de belles poignées d'argent
La lunette d'un microscope
Et tous ces petits êtres qui courent

Car chacun vaque à son destin
Petits ou grands
Comme durant des siècles égyptiens
Péniblement

A porter mille fois son point sur le "i"
Sous la chaleur et dans le vent
Dans le soleil ou dans la nuit
Voyez-vous ces êtres vivants ?

Quelqu'un a inventé ce jeu
Terrible, cruel, captivant
Les maisons, les lacs, les continents
Comme un légo avec du vent

La faiblesse des tout-puissants
Comme un légo avec du sang
La force décuplée des perdants
Comme un légo avec des dents
Comme un légo avec des mains
Comme un légo

Voyez-vous tous ces humains
Danser ensemble à se donner la main
S'embrasser dans le noir à cheveux blonds
A ne pas voir demain comme ils seront ?

Car si la Terre est ronde
Et qu'ils s'agrippent
Au-delà, c'est le vide
Assis devant le restant d'une portion de frites
Noir sidéral et quelques plats d'amibes

Les capitales sont toutes les mêmes devenues
Aux facettes d'un même miroir
Vêtues d'acier, vêtues de noir
Comme un légo mais sans mémoire

Pourquoi ne me réponds-tu jamais
Sous ce manguier de plus de dix mille pages
A te balancer dans cette cage ?

A voir le monde de si haut
Comme un damier, comme un légo
Comme un imputrescible radeau
Comme un insecte mais sur le dos

C'est un grand terrain de nulle part
Avec de belles poignées d'argent
La lunette d'un microscope
On regarde, on regarde, on regarde dedans

On voit de toutes petites choses qui luisent
Ce sont des gens dans des chemises
Comme durant ces siècles de la longue nuit
Dans le silence ou dans le bruit.

Gérard Manset (pour Alain Bashung)


mercredi 25 mai 2011

IGNAMES: la récolte.

Cyclones et inondations n'ont pas eu raison de la résilience des ignames du potager, légumes du terroir de Moindou, dont la récolte est en cours. Pour exemple ce beau spécimen de "Nouméa rouge" qui pèse plus de trois kilogrammes.


UN ENTOMOPATHOGENE SPONTANE.

On observe parfois d'étonnants spectacles au potager, comme cette guêpe tuée par un champignon entomopathogène ("qui rend malade un insecte").  Les filaments du champignon envahissent le corps de l'insecte. 





La guêpe est accrochée à l'extrémité d'une gousse de haricot. J'ai par ailleurs remarqué que de nombreux insectes volants sont attirés par les gousses de ces haricots.
Quant au champignon, il pourrait s'agir d'une souche de Beauveria spontanée en Calédonie.


Légumes d'ailleurs pour ici (2): LE FENOUIL.

L'origine du fenouil cultivé est incertaine puisque les archéologues ont retrouvé sa trace aussi bien en Méditerranée (Egypte, Grèce) que dans la Chine antique.

Les européens ont diffusé dans le monde tropical le fenouil de Florence, bien adapté aux climats chauds.

Le bulbe cuit à la vapeur puis refroidi entre dans les recettes de salades de crudités.
Le bulbe de fenouil est riche en calcium, particulièrement bien assimilable en raison d'un rapport calcium/phosphore très favorable.

Les feuilles parfument les plats de poissons ou les conserves d'olives. Les graines sont consommées comme aromates ou pressées pour donner une huile.




Voici une recette de Cathy, qui marie deux produits calédoniens:

Tarte au fenouil et à l’orange :
Faire des tranches de fenouil, les disposer au fond d’un plat à tarte, rajouter dessus du jus d’orange et de la coriandre en poudre. Sel poivre (pas trop).
Bien couvrir hermétiquement. Faire cuire feu très doux 2h. Vérifier qu’il y a toujours du jus pendant la cuisson. On peut le faire la veille.
Une fois cuit, sortir du four et positionner la pâte à tarte feuilletée sur le dessus (façon tarte tatin).
Recuire pendant 20 – 25 min environ.
Quand la pate est gonflée et dorée, sortir du four et retourner sur un plat de présentation. à servir chaud en entrée. Hummm
...

Légumes d'ailleurs pour ici (1): LE GOMBO.


La culture du gombo remonterait à l’Egypte antique. La plante fut ensuite diffusée dans le bassin méditerranéen et vers l’Asie, l’Afrique puis l’Amérique du nord. Au Liban, le gombo est appelé « corne de grec ». Aux Etats-Unis et en Australie, ce légume est appelé « okra ».



Le gombo se mange cru ou cuit et il est utilisé dans de nombreux plats réunionnais, antillais, japonais, libanais, ivoiriens ou cajuns.
Il est la base du gumbo : soupe préparée en Louisiane avec du céleri, du poivron vert, de l’oignon et des gombos coupés en rondelles. Dans cet Etat du sud des Etats-Unis, il est aussi consommé frit ou braisé avec des tomates de type « Roma ».
Le gombo fait partie des plantes alimentaires rustiques et productives particulièrement adaptées à l’agriculture biologique en Nouvelle-Calédonie. Sa présence est attestée depuis le milieu du XIXème siècle.

mardi 10 mai 2011

PARTAGE.

Des producteurs engagés dans la certification Bio sont venus récemment des régions de Voh-Koné-Pouembout et Houaïlou pour partager une journée de travail et de connaissances de l'agriculture biologique. Cette journée fut riche en rencontres et en échanges. Merci aux animateurs qui l'ont organisée: Noémie et Georges pour Biocalédonia, Gaël et Fabrice pour Arbofruits.

lundi 18 avril 2011

TERRE DE LIENS.

En Ile de France, pour acquérir des terres et les proposer en location à des agriculteurs, l'association Terre de Liens fait appel à l'épargne citoyenne, en privilégiant les projets d'agriculture biologique. Depuis la création de cette association en 2003, 70 fermes ont été acquises pour une surface totale de 1900 hectares. Les projets de jeunes agriculteurs bio ont ainsi pu voir le jour. Un bel exemple à suivre en Calédonie... Plus d'informations sur le site: www.terredeliens.org.


lundi 4 avril 2011

Jardin des délices.

Quand le monde autour de toi aura tant changé
Que toutes ces choses que tu frôlais sans danger
Seront toutes si lourdes à bouger
Seront toutes des objets étrangers

Où l'a-t-on rangé
Ce bout de verger
Avec ses fleurs grimpantes
Sa lumière en pente
Couleur de dragée

Quand le monde autour de toi sera mélangé
Que le drap de ta chambre dans l'ombre restera plongé
Que viendra la nuit aux pourpres orangés
Et sans rien de plus peut-être pour te protéger

Où l'a-t-on rangé
Ce bout de verger
Avec sa glycine
Comme une racine
Dans la terre plongée
Dans la terre plongée

Jardin des délices
Tourne comme une hélice
Dans le font du crâne
Tourne comme une hélice.

Gérard Manset, Obok. 


lundi 14 mars 2011

Caro, les tiques et l'huile de neem.

Mercredi dernier Caroline la génisse du potager était couverte de tiques sur le poitrail, dans les oreilles et près des mamelles. Depuis son arrivée il y a trois mois, c'était la première attaque. La seule solution disponible immédiatement était d'essayer de traiter avec de l'huile de neem. J'ai frotté les zones infestées avec un chiffon imbibé d'une solution à 1% d'huile de neem (de marque Nutrineem). Je pris également soin de déplacer la génisse vers une nouvelle zone de pâture. J'ai répété l'opération le jeudi matin avec la même solution conservée dans un local frais et sombre. Samedi matin la plupart des tiques avaient disparu. 
Cette démonstation de l'efficacité de l'huile de neem sur la tique n'a bien sûr aucune valeur scientifique. Les conditions d'élevage de Caroline sont très particulières: elle est seule, pas d'élevage chimisé à proximité (seulement une bonne centaine de têtes de bétail sauvage dans les caféries abandonnées du voisinage), elle n'a jamais subi de traitement au tiquicide chimique, elle vit dans un environnement préservé avec une grande biodiversité, elle pâture à l'attache, déplacée au moins une fois par jour... Ma chienne qui vient de temps en temps lui rendre visite n'a aucune tique sur son poil.
Mais tout de même, cet épisode est encourageant et montre qu'il existe des alternatives biologiques au traitement chimique de la tique sur le bétail.
Caroline, génisse croisée PrimHolstein x Hereford, en mars 2011.

samedi 19 février 2011

HISTOIRE DE LA SALADE.

La culture de la salade est récente en Calédonie, puisque la laitue a sans doute été introduite par les missionnaires à l'Ile des Pins en 1848. Le botaniste MacKee indique que "salade" figure dans les mercuriales du marché de Nouméa dès 1864...
Cette plante serait originaire des montagnes du Kurdistan et les archéologues ont retrouvé sa trace sur des bas-reliefs de la Haute Egypte. Elle était très populaire dans le monde grec car liée au mythe d'Adonis: son flétrissement rapide symbolisait l'existence éphémère de ce dieu.  Les  romains la consommaient en mélange avec la roquette pour relever son goût. Elle était alors recommandée comme "bon aliment", consommé en fin de souper afin de disposer au sommeil. 
Par ses vertus sur l'appareil digestif (fibres) certains parlent encore aujourd'hui de la laitue comme d'un "alicament". En outre, le "lactucarium" (sève) a des propriétés calmantes. Les feuilles consommées crues en grande quantité sont un apport intéressant de calcium et de vitamine C.
A côté de la consommation des feuilles, les tiges de salades sont parfaitement comestibles. Si cet usage est perdu dans le "monde occidental", la Chine produit des variétés de laitue-tige, appelée celtuce. Cette consommation de tiges existait au XVIème siècle en Europe.
Il suffit de peler les tiges et de les faire cuire à la vapeur ou braiser dans une sauteuse pour obtenir un légume proche de l'asperge, délicieux avec du riz ou en omelette.
Dans les nombreux catalogues disponibles, il est possible de trouver des variétés de laitue adaptées aux différentes saisons de la Calédonie.  Au fil des siècles, les jardiniers et les sélectionneurs, notamment européens et asiatiques, ont en effet créé des variétés adaptées aux différentes conditions de durée du jour et de températures diurne et nocturne, facteurs essentiels influant le développement de ce légume. A noter qu'il n'existe pas à ce jour d'hybride et d'OGM de laitue.

Batavia blonde à pomme ouverte.

Au marché de Farino le 13 février dernier.
Source de nombreuses informations de cet article: publications de Mme Maisonneuve, spécialiste de la laitue à l'Institut National de la Recherche Agronomique.

A PROPOS DE LA SIESTE...

"Dormir le jour, voilà le signe de la richesse, du bien être, de la grandeur".

Jean Giono.

vendredi 4 février 2011

CHALEUR.

Enfoncé parmi les odeurs sauvages et les concerts d'insectes somnolents, j'ouvre les yeux et mon coeur à la grandeur insoutenable de ce ciel gorgé de chaleur. 

Albert Camus, Noces.

Légumes d'autrefois pour aujourd'hui (4): L'AMARANTE.

Les amarantes forment une vaste famille, que le botaniste calédonien MacKee décrivait ainsi en 1994 dans son "Catalogue des plantes introduites et cultivées en Nouvelle-Calédonie": "Quelques espèces herbacées sont cultivées dans les jardins, d'autres plus nombreuses, sont des mauvaises herbes, d'introduction en général plus ou moins récente, mais parfois peut-être pré-européenne". 
L'espèce que je cultive est un don de ma voisine Virginie, qui tient la semence d'un maraîcher d'origine indonésienne qui la cultiva à partir des années quarante à Moindou... Elle est appelée "pariétaire" par analogie avec une plante médicinale cultivée en Méditerranée et en Inde.
Pour la préparer, il suffit d'émincer les feuilles et de les faire blanchir dans une sauteuse sur feu doux, par exemple dans de l'huile d'olive, et d'assaisonner d'ail et de soyo.
Amarante appelée "Pariétaire" dans la région de Moindou.


jeudi 3 février 2011

Légumes d'autrefois pour aujourd'hui (3): LE CHOU CANAQUE.

Le "chou canaque" n'a rien d'un chou. C'est en fait une plante de la famille des malvacées, dont font aussi partie les hibiscus. Le "chou canaque" est cultivé depuis des siècles dans le Pacifique, mais les botanistes situent son origine en Chine. Il a donc accompagné l'être humain dans ses migrations à travers l'Asie, la Mélanésie et la Polynésie.
 Les polynésiens le nomment "Pele" ou "Bele", les australiens "Slippery cabbage" ou "Sunset hibiscus", les papous "Aibika" ou "Sweet mallow".
C'est un arbuste dont on consomme les feuilles jeunes, cuites rapidement (pas plus de 5 minutes). A Fidji, on peut trouver des conserves de chou canaque ("Bele in lolo")! 
La CPS indique que sa valeur nutritive est très bonne: richesse en protéines (5% des feuilles), en vitamines (A et C) et en minéraux (calcium, fer). Des chercheurs français et ivoiriens travaillent sur le rôle du "chou canaque" dans le renforcement des systèmes osseux (lutte contre l'ostéoporose).
J'ai planté du chou canaque et j'en proposerai dans mes paniers et sur les marchés en 2011.
Plants de chou canaque du potager. Le nom latin est Abelmoschus manihot.

jeudi 27 janvier 2011

RESILIENCE.

Les passages successifs de dépressions m'ont permis ces derniers jours de constater combien les légumes non "chimisés" pouvaient résister aux intempéries et maladies.

Salades, céleris, patates: cette zone du potager a été inondée le 22 janvier.

Asperges et concombres quelques jours après les dépressions.
La richesse, la diversité et les équilibres de la vie du sol explique sans doute en grande partie cette "résilience" des végétaux.

La résilience, c'est aussi le terme qu'ont choisi les "villes en transition", un mouvement citoyen né en Angleterre en 2006 et qui s'étend dans le monde entier. Le but est de créer dans des communautés urbaines ou rurales les conditions d'une réduction de la consommation d'énergies fossiles, pour tendre vers l'autosuffisance énergétique... Près de chez nous, le mouvement se développe dans le Queensland (Sunshine Coast en particulier). Pour plus d'informations: www.transitiontown.com.au ou www.transitionfrance.fr. Des idées pour la Calédonie?

dimanche 16 janvier 2011

QUELQUES DEGATS DE LA DEPRESSION VANIA

La dépression tropicale Vania a laissé quelques traces au potager. Leurs conséquences se prolongeront sur plusieurs semaines.
Des bananiers cassés... qui donneront de nouveaux rejets. L'occasion de remettre un peu d'ordre dans la bananeraie.

Beaucoup de branches cassées, en particulier sur les grands jamelonniers... du bois à broyer pour le compost ou le paillage.

Premiers signes d'un autre cyclone: Zélia suit Vania de près, avec probablement beaucoup plus de pluie...
 

vendredi 14 janvier 2011

IGNAMES DE CALEDONIE (1)

Aujourd'hui le potager subit les assauts des fortes rafales de vent du cyclone Vania. Voici quelques photos des petites plantations d'ignames, qui, peut-être, demain ne seront plus là...
Une rangée tuteurée de façon traditionnelle à l'aide de faux mimosa et de liens d'écorce de bananier. Au début de la ligne, la variété "serpent" appelée "Raï" dans la région ("lézard").
De jeunes feuilles d'igname aux très belles couleurs rouges qui bientôt vireront au vert. Les lianes poussent de plusieurs centimètres en une nuit.
Une deuxième ligne composée de semences en provenance de Houaïlou et Bourail.

Chaque variété se distingue, outre les tubercules, par ses nuances de vert et de rouge, sa forme de feuille et de tige.

Lecture recommandée: "L'igname en Nouvelle-Calédonie" de D.Varin et J.Brévart, disponible à Bernheim ou Calédolivres.
 

dimanche 9 janvier 2011

Légumes d'autrefois pour aujourd'hui (2): le "haricot de Chine".

Son nom témoigne de son origine asiatique, mais ce "haricot" a fait le tour du monde avec l'homme au cours de ses migrations, voyages et invasions. 
Ainsi, "Vigna unguiculata" était cultivé par les océaniens avant l'arrivée des européens dans le Pacifique, mais ces derniers le cultivaient aussi chez eux, sous le nom de "mogette". C'est en effet ce haricot sous forme "sec" qui était utilisé pour le cassoulet... avant d'être supplanté au 18ème siècle par le haricot sec venu des Amériques. 
Les africains cultivent aussi le "haricot de Chine" depuis des millénaires sous le nom de "Niébé" et en font même de la farine.
Dans le sud des Etats-Unis, il est très apprécié, et on le nomme "Black Eyed Pea".
De nos jours, il est encore largement cultivé dans toutes les zones tropicales et intertropicales de la planète, sur plus de 9 millions d'hectares (source: Mémento de l'agronome). 
En Calédonie, nous avons plusieurs variétés à disposition, dont le "haricot kilomètre", d'introduction assez récente.
Cependant, les véritables variétés océaniennes ont des gousses assez courtes (10 à 20 cm) et se consomment en frais (gousses entières) ou en sec (grains écossés).
Grâce à Lionel (maraîcher bio à Païta) et à Virginie (ma voisine à Moindou), j'ai pu semer deux variétés: une dont le grain est blanc avec un hile ("oeil") noir, et l'autre à grain rouge et hile blanc.
Le premier est excellent consommé en gousses jeunes cuites à la vapeur.
J'espère pouvoir vous en proposer dans les prochaines semaines.
Voici une photo de la plante dans le potager:
"Haricot de Chine", Vigna Unguiculata, cultivar à grains blancs.



mercredi 5 janvier 2011

Légumes d'autrefois pour aujourd'hui (1): LA BASELLE

L'agriculture biologique, c'est aussi s'efforcer de cultiver des plantes alimentaires adaptées aux sols et au climat calédoniens.

Ainsi la baselle, qui a été quelque peu oubliée. 

D'après le "Catalogue des plantes introduites et cultivées en NC" de H.S.MacKee, elle était cultivée avant l'arrivée des européens. 

D'après le catalogue Kokopelli, c'est une plante originaire d'Inde ou d'Indonésie. Elle est également appelée "épinard de Malabar ou de Ceylan". 

D'après le recueil "Aliments du Pacifique" édité par la CPS, la baselle est également appelée "Poi" dans les îles du pacifique.

Les feuilles et les tiges sont excellentes: crues en salades, ou cuites. Elles contiennent beaucoup d'oligo-éléments et de vitamines (A et C).  La cuisson doit être rapide, pas plus de 5 mn. 

Au Vietnam, la baselle est toujours cultivée et consommée sous le nom de "Mông toi".

La variété calédonienne a des tiges rouges. De ses fruits on peut tirer une encre dont les guerriers mélanésiens se teignaient le corps. C'est une utilisation, rapportée par les explorateurs européens, qui avait également cours en Chine d'après Dominique Guillet (Kokopelli).

Voici une photo de la baselle du potager: